Filer au-delà de la cellulose
afin de créer les besoins de demain.

 

Rapport d’expertise de M. Claude Tremblay

soumis le 13 novembre 2015

Synthèse

 

 

 

1.      Remarques préalables

Le mandat

 

Fortress Cellulose Spécialisée (FCS) a mandaté l’expert Claude Tremblay pour évaluer les conséquences possibles, pour la santé des citoyens et citoyennes vivant aux limites du site de ses installations à Thurso, d’une exposition au sulfure d’hydrogène (formule chimique : H2S).

 

Les conclusions de M. Tremblay portent sur l’analyse de 96 046 échantillons pris pendant une période de près de quatre (4) mois, soit entre le 8 juillet et le 3 novembre 2015.

 

L’expert

 

M. Claude Tremblay est un épidémiologiste, c’est-à-dire un spécialiste de l’étude des facteurs qui influencent l’apparition, la propagation, la fréquence et l’évolution de différentes maladies, et ce, afin de mettre en œuvre des moyens nécessaires à leur prévention.

 

Il est aussi spécialiste de la toxicologie, une science ayant pour objet d’étudier les effets des composés chimiques sur l’organisme.

 

En plus d’avoir assumé les responsabilités de coordonnateur en santé environnementale à la Direction de la santé publique de la Montérégie, M. Tremblay a été responsable de la table nationale de la santé environnementale du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

 

Le sulfure d'hydrogène (ou hydrogène sulfuré)

 

Constitué de soufre et d’hydrogène, ce composé chimique est un gaz inflammable incolore dont la senteur nauséabonde est similaire à celle d’œufs ou de choux pourris.

 

La plus faible concentration à laquelle il est possible de percevoir l'odeur d’une substance dans l'air constitue son seuil olfactif.

 

Lorsque l’exposition d’une personne dépasse de beaucoup ce seuil, elle peut éprouver différents malaises en lien avec cette odeur caractéristique, soit des maux de tête ou des nausées.

 

Le H2S est présent naturellement dans l’atmosphère et provient de sources diverses dont le pétrole brut, le gaz naturel, le charbon, les sources d'eau chaude sulfure et les gaz volcaniques.

 

 

 

 

Il est également émis lors d’activités industrielles comme le raffinage et le craquage de pétroles riches en soufre, la captation et l'épuration du gaz naturel, le forage, la production d'énergie géothermique, le traitement et l'affinage de métaux ou l’exploitation minière (mines de sel), la vulcanisation du caoutchouc naturel, le tannage du cuir et le procédé Kraft de production de pâtes et papiers.

 

Comme ce gaz est plus lourd que l'air, il est susceptible de se retrouver en concentrations plus importantes à certains endroits, d’où l’importance d’effectuer des échantillonnages réguliers.

 

Les échantillonnages de FCS

 

FCS échantillonne et mesure la concentration de sulfure d’hydrogène systématiquement et rigoureusement à partir d’une station située aux limites de son site et de deux (2) analyseurs de gaz qui sont calibrés automatiquement puis vérifiés chaque jour, en plus d’être calibrés chaque semaine par un technicien en instrumentation et contrôle qui procède aussi à une vérification visuelle.

 

En juillet 2015, la firme SNC-Lavalin a effectué des travaux d’entretien et d’étalonnage sur les analyseurs. Le prochain étalonnage est prévu en janvier 2016.

2.      Synthèse du rapport

Les seuils de référence

 

Aux fins de l’évaluation de la qualité de l’air, des seuils sont établis pour les concentrations sans effet nocif par inhalation (CSEN-i) qui permettent d’établir les critères de qualité de l’air.

 

Le seuil pour le H2S doit être établi pour deux (2) périodes distinctes, soit les valeurs moyennes observées sur une durée de quatre (4) minutes et sur une période d’un (1) an.

 

La conclusion de l’expert

 

L’expertise de M. Claude Tremblay a consisté à comparer les valeurs d’exposition avec les seuils de référence, notamment ceux publiés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

 

Pour la période du 8 juillet au 3 novembre 2015, les données collectées par l’analyseur en continu de FCS à Thurso ont permis de calculer des valeurs moyennes et de les comparer au seuil ou critère.

 

En regard des seuils énoncés non seulement par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), mais aussi par l’OMS, l’expert conclut :

 

«  Toutes les valeurs moyennes de sulfure d’hydrogène (H2S), mesurées lors de la campagne d’échantillonnage réalisée à la limite de la propriété de FCS, sont bien en deçà des concentrations pouvant mener à des effets aigus ou chroniques sur la santé de la population environnante. »

Synthèse raport d'expertise